LE TREMPLIN PLAY IT INDIE EST UN ÉVÉNEMENT SOUTENU
PAR L'ECOLE IESA ARTS&CULTURE

Finale live

Vendredi 26 avril 2019

FGO-Barbara 

1 rue de Fleury, 75018, Paris

ANTHONY SPADARO
Ingénieur du son

Présentez-vous en quelques mots

"Je m’appelle Anthony Spadaro, je suis ingénieur du son depuis maintenant 5 ans. Mon activité principale est l’enregistrement et le mixage d’albums d’artistes de tous les horizons mais également le mixage de publicités et de films depuis peu."

 

Vous êtes le Producteur du Soundaro Studio, en quoi ça consiste?

"J’ai créé le studio à la base pour enregistrer mon propre groupe. Je n’étais jamais réellement satisfait lorsque je confiais nos productions à d’autres ingés et souvent on manquait de temps pour enregistrer car beaucoup le savent, enregistrer en studio c’est aussi un combat perpétuel contre la montre, surtout quand l’artiste ou le groupe loue le studio à la journée. Donc pour pas mal de raisons pratiques et financières, ça faisait sens d’investir dans ma propre structure. Rapidement, des amis dans d’autres groupes ainsi que d’autres artistes ont entendu mes productions et m’ont demandé de les enregistrer et de mixer leurs projets."

Depuis combien de temps exercez‐vous?

"J’ai commencé réellement en 2012 à la fin de mes études donc cela va faire 5 ans cette année."

Sur quel projet avez-vous préférer travailler?

"J’apprécie d’avoir la chance de travailler avec des artistes que j’apprécie musicalement la majeure partie du temps. J’ai beaucoup apprécié travailler avec mon ami Skyern Akléa - qui est un artiste de country/acoustique - dont j’ai produit quelques titres au studio sur son premier album. Après j’ai fait beaucoup de métal pour des groupes du monde entier principalement en mixage, je pense au groupe australien Bend The Sky par exemple. A l’heure actuelle, je fais beaucoup de mixage pour des films mais je pense que je vais essayer de consacrer à nouveau du temps à la musique cette année. J’ai vraiment envie de travailler avec des artistes en guitare/voix par exemple mais encore une fois je reste ouvert à tous les styles, tant que les morceaux sont bons."

Une journée type, ça ressemble à quoi ?

 

"Depuis un an environ je me consacre principalement au mixage et j’ai délaissé l’enregistrement. Je prends plus de plaisir à donner vie aux morceaux des artistes quand je suis seul dans mon studio avec leurs pistes et l’avantage c'est que je n’ai pas le batteur ou le guitariste qui me répète qu’il veut son instrument plus fort dans la chanson :) En général le matin je lis mes emails, je vais à la salle de sport. Je commence à mixer en début d’après-midi jusqu’au soir si nécessaire. A force d’exercer ce métier je me suis crée un petit workflow qui me permet d’être efficace et rapide sans perdre de vue le morceau. J’essaie de ne pas trop passer de temps sur le titre pour ne pas me fatiguer et ne pas arriver en fin de journée sans être capable de discerner quoi que ce soit dans le morceau. Pour le mixage de films c’est à peu près pareil."

Vous êtes également chanteur et guitariste, pensez-vous qu'il est important d'être musicien pour être producteur? 

"Je suis musicien à la base c’est vrai. Et je pense également qu’il est important au moins de comprendre la musique pour en enregistrer, sans forcément être un prodige dans chaque instrument évidemment. Beaucoup de gens que je côtoyais en école d’ingé n’étaient pas musiciens et ont rapidement déchanté lorsqu’il a fallu commencer à mixer des artistes et se sont rapidement réorientés vers une autre branche de ce domaine. Pour moi être musicien va de paire avec le fait d’enregistrer de la musique. Un bon ingé-son ressent la musique et n’est pas là pour servir son ego mais bien la vision du groupe et la sublimer."

 

C’était une vocation, ou c’est venu petit à petit ?

"Je mentirais si je disais que j’ai toujours voulu faire ça. Disons qu’au départ je me suis retrouvé à mixer des chansons plus par nécessité qu’autre chose et par la suite ça m’a permis de correctement gagner ma vie. A présent je me réoriente pas mal vers l’industrie cinématographique sans toutefois délaisser mon activité dans le son. Je monte une nouvelle boite de production en ce moment justement et le tournage de notre premier court-métrage débute cette semaine."

 

Que pensez-vous de la scène émergente française en ce moment ?

 

"Pour être tout à fait honnête je vois beaucoup de groupes que je connais splitter en ce moment. Ca s’explique par des ventes quasi-nulles, un public qui ne bouge plus en concert ou alors quelques potes lors de tremplins mais en dehors… C’est triste mais c’est malheureusement la réalité. Maintenant en termes qualitatifs, je pense qu’on a d’excellents artistes dans tous les styles, de la folk au rock mais aucun ne perce réellement. Après je ne suis plus trop l’actualité car je n’en ai plus le temps, ni de me rendre à des concerts d’ailleurs mais ça fait un moment que j’ai pas entendu un truc ou je me suis dit “wow, leur son est unique !!”. "

Selon vous, qu’est-ce qu’un tremplin apporte à la scène émergente ?

 

"C’est une bonne initiative en ce sens que des groupes de tous les niveaux partagent les mêmes scènes, des rencontres se créent et des échanges d’expériences ont lieu. Du groupe qui donne son premier concert devant ses amis et leurs familles aux potes qui ont roulé leur bosse, chacun y trouve son compte. Ces tremplins permettent de mettre en lumière beaucoup de groupes et de les exposer à un public qui les découvre sur scène pour la première fois et qui les suivront au moins sur les réseaux sociaux suite à cela. "

Quelle rencontre musicale vous a le plus marquée, et qui rêvez-vous de rencontrer ? 

 

"J’ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois des personnes de cette industrie que je tiens en haute-estime notamment mon ingénieur du son préféré Chris Lord-Alge lorsque nous étions à New-York. On se voit environ tous les 2 ans dans des grands salons comme l’AES (Conférence du milieu Audio). J’ai la chance également de compter dans mes amis un type formidable qui s’appelle Fabrice Gabriel qui conçoit des plugins de folie dans ses deux sociétés Eiosis et Slate Digital et qui facilitent grandement mon travail. Après je n’ai jamais non plus idolâtré qui que ce soit donc j’ai pas vraiment de personne particulière que je souhaite rencontrer, juste des gens sympas !"