LE TREMPLIN PLAY IT INDIE EST UN ÉVÉNEMENT SOUTENU
PAR L'ECOLE IESA ARTS&CULTURE

Finale live

Vendredi 26 avril 2019

FGO-Barbara 

1 rue de Fleury, 75018, Paris

SAMUEL DEGASNE
Journaliste musical

Présentez-vous en quelques mots…

"Un produit de l’Ouest, avec du sang espagnol, biberonné aux scènes alternatives des années 90 et habitant désormais Paris. Je partage mon temps entre les magazines (Gonzaï, Longueur d’Ondes, Les Inrocks…), les conférences (Vieilles Charrues, Rock en Seine, Agi-Son…), les biographies d’artistes, les coaching media, l’édition… et dans quelques semaines un nouveau projet vidéo."

 

Vous vous définissez comme un théoriste musical, qu’est-ce que ça veut dire ?

 

"Ha ha. En, fait, c’est un synonyme du mot « théoricien »… Une théorie, ça n'a rien avoir avec une hypothèse. C’est quand tu cumules plein de faits pour donner une explication... Or, il m’arrive d’ouvrir beaucoup de parenthèses et d’être intarissable sur ces petites histoires de la musique qui font la grande...Et puis, s’il y a confusion avec le mot "terroriste", tant pis. Ou tant mieux ! Tout ça reste de l’autodérision..."

 

Quels sont les styles de musique que vous préférez traiter ?

 

"Post-rock, hip-hop 90’s, trip-hop, french touch, soul, chœurs…et plein d‘autres ! Tout simplement parce que ça n’a jamais été un critère et que l’on ne sait jamais par quoi on va être ému.... Ce qui m’intéresse ce sont surtout les contextes derrière la création elle-même. C’est pour ça que j’aime découvrir de nouvelles cultures, aller dans de nouveaux pays… Donner des clés de compréhension sur l'environnement me semble super important, si on garde en tête que la réelle intelligence, c’est parler de choses compliquées de manière simple. Et non parler de choses simples de manière compliquée…"

 

Une journée dans la peau d’un journaliste musical, ça ressemble à quoi ?

 

"À une série de points d’exclamation et de suspension : beaucoup d’e-mails et trop de cigarettes,une interview ou une séance photo qui s’éternise, un plat avalé sur le pouce, une conférence de rédaction où les passions s’échauffent, des corrections ,un concert, une nocturne dédiée à l’écriture... Avec quelques phases de solitude (contraintes ou nécessaires). Honnêtement, rien qui ne puisse être fantasmé – à part peut-être la possibilité d’horaires en décalé..."

 

C’était une vocation ou c’est venu petit à petit ?

 

"Musicalement, j’ai déjà la chance d’avoir grandi dans un triangle Angers-Nantes-Rennes très productif! Puis, quand la grande sœur d’un ami vous raconte en pleurant son concert de Jeff Buckley, qu’une grand-mère vous envoie en festival sur prétexte de fierté locale et de renouvellement des publics ou encore que l’on écoute la police charger en direct le studio d’une radio pirate… Ça donne forcément envie d’y participer ! Et quoi de mieux qu’un métier connecté à l’adrénaline et qui vous bouscule chaque jour dans vos certitudes ?"

 

Comment expliqueriez-vous le lien que vous entretenez avec le magazine Longueur d'Ondes ?

 

"C’est un laboratoire personnel. La preuve qu’une rédaction peut et doit être hétérogène, avec ses débats, ses audaces et ses imperfections attachantes. J’ai pu y conseiller des changements ou tester des approches qui m’ont enrichi. Et puis je trouve sain, quand on corrige soi-même les autres, d’être à son tour évalué et débattu."

 

Que pensez-vous de la scène émergente française en ce moment ?

 

"Je n’ai qu’une vision… empirique. La qualité est là, même si les supports et les structures sont en mutation. Ça n’en rend pas l’aventure moins passionnante ! De cette contrainte peut justement naître la créativité... Reste à régler ce problème de baisses de subventions. On oublie souvent que la culture peut être un socle social, économique ou de réflexion important, plutôt qu’une simple variable d’ajustements dans les budgets. Et que soutenir l’émergence, c’est essentiel... Mais il ne faut pas oublier les groupes intermédiaires !"

 

Vous avez été jury du tremplin de Play It Indie. Selon vous, qu’est-ce qu’un tremplin apporte à la scène émergente ?

"Tout dépend de la définition et de la volonté de ce tremplin ! Est-il là pour dire que tel groupe a un potentiel ou qu’il est déjà au top ? Favorise-t-il une professionnalisation ou permet-il seulement d’être connu ? Est-ce une opération financière ?De réseautage ? La sélection est-elle sincère ? J’ai participé à une vingtaine de jurys : honnêtement, peu se ressemblaient…Mais ceux qui réalisent un travail d’accompagnement, comme le coaching pratiqué au sein de Play It Indie, ont ma préférence..."

 

Quelle rencontre musicale vous a le plus marquée, et qui rêvez-vous de rencontrer ?

 

"Abd Al Malik, Ibrahim Maalouf, The Inspector Cluzo, The Dizzy Brains… Il y en a logiquement beaucoup (et pour des raisons chaque fois différentes). Pour autant, je ne fonctionne pas par « tableau de chasse » et ai toujours été plus impressionné par des « héros de jeunesse » : Stéphane Saunier, Francis Zegut, Yves Bigot, Bernard Lenoir, Alain Damasio… Attention, il ne faut pas oublier qu’une bonne interview, c’est – au-delà du travail de recherches – la rencontre entre deux personnes. Il faut avant tout une compatibilité. En tout cas, en 2016, mon moment le plus marquant fut une rencontre avec des orphelins réfugiés politiques, à qui j’expliquais l’importance de la liberté d’expression et de la démocratie…L’impression de faire quelque chose qui compte."

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 http://www.samueldegasne.com/