LE TREMPLIN PLAY IT INDIE EST UN ÉVÉNEMENT SOUTENU
PAR L'ECOLE IESA ARTS&CULTURE

Finale live

Vendredi 26 avril 2019

FGO-Barbara 

1 rue de Fleury, 75018, Paris

LONNY MONTEM

Prix du public de Play It Indie édition féminine (2017)

Est-ce qu’on peut faire un petit retour sur ton parcours ?

 

Oui ! J’ai un projet qui s’appelle Lonny Montem qui a commencé à éclore depuis 3 ans. J’ai commencé à jouer du violon alto quand j’avais 7 ans. Après le bac j’ai fait une école de musique en France, je suis allée en Angleterre aussi. J’ai joué dans plusieurs projets, notamment dans Refuge, puis j’ai pris le temps pour le mien.

 

Comment as-tu été mise au courant du projet du tremplin ?

 

Je ne suis pas du genre à postuler pour les tremplins mais quelqu’un m’avait dit « Tu devrais postuler pour celui-là ». C’était assez marrant parce que c’était l’édition féminine et j’étais dans un grand moment. Il y avait un album qui s’appelle Semper Femina de Laura Marling, une chanteuse de folk aussi, qui est un album autour de la féminité qui venait de sortir. J’étais dans un trip super féminin et là, tout à coup, j’ai été sélectionnée pour Play It Indie édition féminine.

 

Je me souviens que j’avais une date aux Trois Baudets le même soir que le Petit Bain. Pour moi le Petit Bain c’était génial parce que c’est ma salle préférée. J’ai toujours rêvé de jouer au Petit Bain, c’était une espèce d’accomplissement. Il n’y a que de la bonne programmation, le son est bon. Ça s’est passé aussi bien que je l’avais imaginé, c’était assez parfait. C’était valorisant aussi, c’était chouette de gagner un prix, c’était la première fois que ça m’arrivait, ça m’a donné beaucoup de confiance et de force.

 

Est-ce que tu as l’impression que le tremplin à changer quelque chose dans ta carrière ?

 

Oui ! Je ne crois pas qu’il y a d’avant et d’après, comme si un évènement allait propulser ta carrière mais ça, je crois que tu ne le contrôles pas. Donc oui ça a aidé, je pense que c’est une petite pierre à l’édifice. Je suis plutôt dans ce genre-là, mettre des pierres petit à petit et avancer doucement mais très régulièrement.

 

Je me suis sentie super bien accueillie et valorisée. Ça faisait plaisir d’être dans un tremplin où il n’y avait pas les gens habituels des tremplins qui gagnent tout le temps. Tu sens que c’est juste des élèves qui ont voté avec leur cœur.

 

 

Tu as fait un Olympia il y a 2 mois. Comment as-tu vécu cette expérience ?

 

C’était très déstabilisant par rapport à ce que je fais d’habitude. J’adore les petites salles où tout le monde est assis en tailleur. Je pense que j’ai un côté un peu compteuse, j’aime bien que tout le monde ferme les yeux et que tout le monde se laisse aller dans quelque de presque méditatif. Il y a quelque chose de thérapeutique, assez intime. J’ai l’habitude d’être dans quelque chose de très voûté et l’Olympia c’est l’inverse total. C’est une énorme salle, tu ne vois rien, ça n’empêche d’avoir un silence total donc chacun peut aller « méditativement » où il veut. Mais pour nous c’était dingue, c’était vraiment très intimidant la première fois. La deuxième fois on a complètement pris notre pied. Je ne réalise toujours pas.

 

Après c’est particulier, ce n’est pas pareil que faire un Olympia en tête d’affiche où là je pense qu’il y a une énorme symbolique là-dedans parce que ça veut dire que t’as 2 000 personnes qui viennent te voir. Là tu te présentes à 2000 personnes qui ne te connaissent pas donc c’est spécial. Mais c’est génial en tout cas.

 

Peux-tu nous parler de tes actualités ? Les prochaines dates ?

 

La prochaine date c’est le 3 avril aux Trois Baudets et il y aura des invités surprises et je vais chanter de nouvelles chansons en français.

 

J’ai aussi un disque en duo qui sort, il s’appelle Tara. Je l’ai fait avec un ami musicien qui s’appelle Guillaume Charret (Yules), on l’a fait dans une maison, le disque sort le 13 avril.

 

Pour le disquaire day (21 avril) on est chez le Walrus, on passe à 19 heures Le disque sort en vinyle ce jour-là. Après j’ai des dates qui ne sont pas parisiennes comme à St Malo (14 avril) et Belfort (6 avril). Après je vais prendre un petit moment pour écrire.

 

C’est toi qui écris tous tes textes ?

 

Oui, j’écris tout. Après ce qu’on a fait avec Guillaume, Tara, il a beaucoup arrangé et composé certains morceaux. Sinon oui, j’essaie d’aller le plus loin possible dans l’autonomie artistique.

 

Qu’est-ce que tu préfères entre la scène et enregistrer ?

 

Ah ! On ne m’a jamais posé cette question ! C’est dur ! Je crois que je préfère la scène. La scène c’est quand même un contact direct et c’est l’instantané, c’est ce pour quoi on fait de la musique quelque part. J’aurais tendance à dire que je préfère la scène, surtout que je fais beaucoup de live dans mes albums. C’est-à-dire que le principe de la folk c’est que c’est très brut. Tu prends les choses telles qu’elles sont, s’il y a des erreurs alors il y aura des erreurs. Il y a un côté roots. Ça appartient beaucoup au domaine du live.

 

En même temps je m’intéresse de plus en plus à la production, c’est quelque chose qui me passionne de plus en plus. Le son, le mix, aujourd’hui on vit dans un monde où on a tellement de possibilités sonores qu’il faut choisir les mix, les albums, les formats, si c’est un vinyle ou un cd, le spectre sonore aussi… c’est de la recherche quoi.

 

C’est diamétralement opposé parce qu’il y en a un qui est vraiment dans l’instantané dans le brut et l’autre qui dans la recherche.

 

C’est quoi ton meilleur souvenir scénique ?

 

C’est pas loin d’être le Petit Bain. Après, au Petit Bain, je manquais un peu de fragilité après réflexion. J’ai toujours besoin de cette vulnérabilité. Je n’avais pas trop le trac, je stressais pas trop. C’était peut-être trop confortable en fait.

 

Il y a eu un concert dingue au théâtre de l’Essaïon dans le 4ème. C’est un petit théâtre de 55 places, 60 peut-être. C’est voûté. Je pensais que ça allait être vide parce que j’avais eu beaucoup de messages de désistement et en fait la salle était pleine. C’est un moment où j’ai oublié que j’étais là.

 

Est-ce que tu enregistres dans un studio en particulier ?

 

Je n’aime pas les studios, je préfère enregistrer dans des maisons, des endroits un peu insolites. Le fait d’être limité par des contraintes, je n’aime pas trop ça. J’ai une maison en Auvergne, j’ai enregistré là-bas la dernière fois. Là on a prévu d’enregistrer dans un cottage en Écosse devant les lacs. Je fais du AirBnb, je ramène les micros et voilà.

 

Avec Guillaume on est un duo qui aime capter le lieu. On l’a fait une première fois avec Tara et là ça sera en Écosse. Pour mon projet perso ça sera pas trop loin de ça parce que je n’aime pas trop la contrainte du studio. Je préfère être en immersion pendant des semaines. J’aime bien quand ça craque, quand ça vit. Les studios tout mates, ça ne m’intéresse pas trop. Je suis plus sur l’instantané que sur la postproduction.

 

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

 

Alela Diane ! Dingue ! Elle a sorti un album qui s’appelle Cusp. C’est un album sur la maternité, elle parle de ses enfants et du côté maternel, elle s’adresse beaucoup à sa mère, je trouve ça totalement bouleversant. J’écoute aussi Marlon Williams qui est un Néo-Zélandais, pareil : Waow ! En termes de son, son album est incroyable. Sinon j’ai découvert un anglais qui s’appelle Daudi. On s’est rencontré à Paris pendant son concert. J’écoute aussi Gogo Penguin.

 

Après j’ai toujours mes incontournables : Laura Marling, David Bowie, Bob Dylan et Léonard Cohen. 

 

Est-ce que tu as un point de vue sur l’esprit/le mouvement Queer ?

 

J’ai jamais réfléchi à ça mais je me définis comme assez humaniste pour me dire qu’il n’y a absolument aucune différence entre hétéro ou bi, être un chien ou une femme. C’est juste que je pense qu’il faut que tout le monde se respecte. Sans être Queer, je me sens dans une sorte de courant humaniste en traitant tout le monde de la même manière, que ce soit la reine d’Angleterre ou un clochard. Vive les queer et les pas queer ! Vive tout le monde !

 

En conclusion, c’est quoi le rêve de ton projet ?

 

Oh ! Alors, en vrai, d’écrire une très très bonne chanson. Juste ça. J’ai déjà réfléchi à cette question et je me suis dit qu’en vrai si je peux déjà écrire une très très bonne chanson c’est déjà bien. Une chanson qui soit le plus proche de moi possible. Pour l’instant je ne peux pas dire que j’y suis encore arrivé. Atteindre un certain degré de sincérité et ensuite les circonstances découlera de ça. Je fais gaffe aux rêves quand même, parce qu’une fois que tu les accomplis tu te dis : « Bon bah y’a quoi maintenant ? »